samedi 25 février 2012

Bolivie en fête





 Chez Robertito (avec son accent chantant il met cette terminaisons amicale partout) on devait monter des murs en adobe. Avec le mauvais temps, c'était plutôt pelle et pioche et un peu de menuiseries à retaper. Il aurait voulu que je reste quelques semaines et puis m'accompagner jusqu'à la Bolivie (Roberto adore le vélo), mais l'envie de passer cette frontière était trop forte...
Une rencontre bien agréable pour en finir avec l'Argentine, même s'il a fallu bien insister pour être payé (j'étais près à taguer "menteur voleur" sur la devanture de sa boutique...)


Pour passer en Bolivie, un pont, 3 drapeaux*, 2 tampons, et basta.
(*la Bolivie affiche officiellement le drapeau Wiphala des peuples natifs andins)

J'aurais fais à peu près à 1800 km en Argentine.
De l'autre côté, toujours du mauvais temps avec un vent surtout du nord, toujours des gens et des paysages sympathiques, ça monte et ça descend un peu plus mais toujours de la belle route! Et oui, ce tronçon, goudronné jusqu'à Potosi a été inauguré il y a peine 3 mois. Il reste bien quelques kilomètre sans asphalte, pour mieux apprécier la différence.

Pour l'hébergement, je prends un abonnement dans les paroisses, un pasteur évangéliste, un missionnaire équatorien, et même un padré homosexuel...

A Cotagaita, Silvio (l'équatorien) est très ouvert et disponible, en plus c'est une période de fêtes alors je me pose pour 4 jours.
Les fêtes, c'est notemment le jour des "comadres", pas vraiment les comères, plutôt les "marraines", et les enfants du kindergarten nous ont fait un petit défilé bien joli.

La grande fête c'est bien sur le Carnaval, celui d'Oruro est l'un des meilleurs du monde, et là, un costume coûte souvent 5 ou 6000 $ pour ne servir qu'une journée! Allez faire un tour sur you tube, même s'il n'y a pas de commentaires sur les différentes corporations, on est souvent loin des clichés boliviens!
Même s'ils sont pauvres et plutôt discrets, les boliviens peuvent dépenser un gros budget pour les costumes de fête.
Ici, même dans les petits villages, il y a toujours une grosse caisse et quelques joueurs d'anata, la flûte traditionnelle pour faire danser, même si ça ne sonne pas toujours bien mélodique.
En cette période, le religieux catholique se mêle à d'autres syncrétismes. Ici la divinité originelle c'est la Pachamama. C'est l'occasion de lui rendre hommage avec la ch'alla. On arrose d'alcool et décore ses biens avec des fleurs, cotillons, fruits, maïs, etc. Evo Moralès a "béni" son avion présidentiel, mais en géneral, on décore sa voiture et autres objet du monde moderne (!).


En remontant vers Potosi, la grosse pluie menaçant, je cherche à me mettre à l'abri à l'entrée d'un village et je me fais inviter pour une réunion d'"autorités" qui font la ch'alla. Un bol de chicha (boisson fermentée à base de maïs) dans un main avec un verre de cet alcool dit "potable", mais infame, à 96 degré dans l'autre. Et "il faut boire" pour faire tourner le bol, et on me ressert encore plus parce que j'en donne trop à la Pachamama... et puis les colorants des confettis se mélangent à la boisson. Ca dure des heures, je me sens coincé dans cette beuverie espérant juste que la pluie se calme et que les feuilles de cocas suffiront à me remplacer le déjeuné qui est passé depuis longtemps. Heureusement, on danse et je joue avec le seul gamin, aux dents défoncées et au rire douteux.
La fête se termine quand même, je décline la proposition d'hébergement (ils m'auront quand même demandé de les aider financièrement) et dans un état pitoyable j'espère encore m'avancer sur la route mais doit me réfugier dans une maison abandonnée qui a surtout dù loger des chèvres ces derniers temps.

La montée vers Potosi est glacée, toujours avec la pluie ou les nuages, et le ventre pas bien remis. L'arrivée, vers 4330 m d'altitude, est plutôt glauque avec les mines et les habitations de briques délabrées, bien loin de l'image prestigieuse de cette ville qui a enrichi de ses lingots d'argent les plus grandes villes du monde au XVIè siècle.
C'est impresssionant de trouver une si grosse population à cet endroit (plus de 160000 personnes), surtout que l'exploitation des mines n'est plus rentables. Elles appartiennent à l'Etat mais les mineurs se sont organisés en coopératives pour "s'auto exploiter", avec des conditions de travail inhumaines de chaleur, poussières toxiques et physiquement.  Le tout est entretenu par un réseau d'agences de tourismes qui te disent que visiter Potosi n'a pas de sens si on ne va pas voir les mines. Moi je me dis que perdre son temps à Potosi n'a pas de sens quand on visite Sucre, la capitale officielle (à 3h de bus vers l'est), bien plus belle, tranquille et culturelle, et ses villages indiens qui semblent bien intéressants.
Malheureusement mon trajet va vers l'ouest, j'ai laissé mes affaires dans une paroisse douteuse de Potosi (dortoirs pour 30, à 0,6 euros la nuit, et tout le monde dehors à 6h du matin!). Je "rentre" frustré.
Mais comme tout n'est jamais blanc ou noir, en partant ce matin un homme me dis qu'une auberge accueille gratuitement les cyclistes, je vais voir, c'est l'occasion de me réconcilier un peu avec Potosi...

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El tiempo sigue malo, pero fuy bueno estar unos dias con Roberto antes de salir de Argentina.
El paso de la frontera es muy sencillo y la ruta para Potosi esta casi toda con asfalto hace poco tiempo.
Para hospedarme, tuve suerte con las iglesias. En Cotagaita, el padre Silvio, fue muy agradable. Es un periodo de fiestas : los niños del kinder garten celebran las comadres, en todos los pueblos hay musicos para Carnaval, pero el mas importante esta en Oruro. Tambien se agradece la Pachamama (madre tierra) con alcohol, flores y otros objetos simbolicos. Tuve una experiencia un poco mala en un pueblo porque se oferece chicha y un alcohol muy fuerte a la tierra, ¡pero tambien se bebe mucho!
Sigo todavia el camino, para Potosi, mas de 4000m. La ciudade muy famosa no me encanta. Sucre, la capital, parece muy mas interessante, pero con tiempo y encontros siempre se aprecian mas los lugares.

jeudi 9 février 2012

Derniers jours en Argentine





 

En remontant la vallée, on passe a Cafayate, l'autre grande région viticole d'Argentine. Il paraît que ce sont les plus hauts crus du monde et les vendanges durent ici 3 mois...

En repartant le vélo ne roule plus bien droit mais c'est pour m'engager dans les méandres de la Conchas et ses magnifiques gorges.




(ce sont, je crois, les plus beaux paysages de rocher de ce voyage. Entre autres, quasi toutes les images ont  été "mangées" par les virus peuplant l'appareil photo. j'ai une haine infinie envers cet appareil, je crois qu'il finira bientôt broyé ou projeté contre un mur).



Là, on apprécie le vélo, pas seulement pour écouter le chant des oiseaux, les roches sont d'une richesse de couleurs et de formes hallucinantes (surtout l'anfiteatro, la garganta del diablo,...). Ce qui marque aussi c'est sa longueur, plus de 70 km de plaisir. Plaisir aussi de voir comme elles sont preservées. Là ou il faudrait des luttes, des lois et autres procédures en France, ici, le territoire a "simplement" été rendu aux indiens natifs. Pour eux la Pachamama (Terre-mère) est a respecter au même titre qu'un humain. Une centaine de familles y vit sereinement, avec son organisation (par exemple les décisions sont prises en conseils, y compris il y en a un des anciens, un des enfants...), et cotoyant sans l'envier le flot des touristes hypertechnicisés...

Sur la route chacun son rythme, j'ai croisé des cyclos tranquilles (http://www.mundoenbicicleta.com.ar) qui ont mis 2 ans 1/2 pour remonter depuis Ushuaï. Ou des étasuniens qui prennent à peine le temps de manger pour retrouver leur pays en 3 mois...

Avec Pablo, Oihan et Alex, on est presque en phase. Ces basques espagnoles devaient aller de Bangkok à Hanoï à vélo, mais ont du racheter un billet le jour du départ, à l'aéroport de Bilbao! Ils vont du coup de Buenos Aires à Lima en 3 mois (http://yanollegais.blogspot.com/).
Ils sont bien sympas, alors je m'adapte à leur progression "sportive", puisque c'est leur principale motivation.

Mais dans le difficile choix de l'itinéraire ils préfèrent aller chercher un meilleur climat (depuis 2 semaine la pluie et les orages sont quotidiens!) et surtout ils décident de shunter la Bolivie à cause de ses routes réputées désastreuses.
Pour rejoindre la côte pacifique ils viennent de passer 400km de salines et de cols jusqu'à 4800m d'altitude en 3 jours! respect.



Ils ont aussi raté la superbe quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine de l'Unesco.
Entre terrains fertiles et pampa, elle se termine honorablement à 3780m d'altitude.


Quand même, après ces 4 jours avec eux je me sens un peu seul, d'autant plus que je pensais recevoir un peu plus d'hospitalité chez les gens.

A Abra Pampa, 70km de la Bolivie, j'étais donc dans mes réflexions-bilan sur l'Argentine, quand Roberto m'invite avec enthousiasme à me reposer chez lui, plutôt chez eux puisqu'il y a là 3 générations, et l'arrière grand père de 93 ans se trouve toujours quelque chose à faire! Pour moi aussi il y a du boulot (et rémunéré, ça tombe bien, ma carte bancaire est périmée)
Alors je me pose une dernière fois avant la Bolivie.


Santiago del Estero parece poco interessante, fuy por la montaña y sus pueblos mas "humanos", como Amaicha del Valle, un teritorio indio y Cafayate, famoso por sus vinos muy ricos...
Desde alli, se sigue otro valle para Salta, una quebrada hermosa de colores minerales y formas esculpidas por el agua. Al norte, la quebrada de Humahuaca, que esta classificada en el Patrimonio del Unesco, tanbien hace la viaje de bici muy agradable.
Entre los 2 estuve 4 dias con 3 vascos muy simpaticos y buenos desportistas, ellos seguiran para Chile con un passo a 4800m y el desierto de Atacama!
Yo retomo mi ritmo mas tranquilo y me quedo algunos dias en la casa de Roberto, un amigo de los ciclistas, 70km antes de la frontera boliviana.


vendredi 27 janvier 2012

Du Jardin à la Vallée


Un, ou deux, "coups de gueules".
L'autre voyage c'est celui de l'appareil photo, envoyé de France á Rio, de Rio á Capilla, il serait maintenant retourné á Rio! voila 6 semaines que je passais demander á la poste s'ils n'avaient rien pour moi... tout va bien pour eux! (aprés une carte sim et une lettre perdues j'arrete les envois!).
Et avec ce "remplacant" de fortune, plutot que de me dire que sa memoire etait pleine, il a préféré effacer au fur et á mesure les derniere photos. C'est a dire 1 semaine de voyage aprés Capilla.

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A Capilla toujours, mais dans un autre esprit, "El jardin de los presentes" est une petite communauté qui fait de la permaculture "artistique".


"Sortie du ventre Temascal" 

De son premier métier, Pablo a gardé le "gout" pour le pain (à voir avec un beau pull sur : http://www.artepan.com.ar). Et de ses nombreux voyages il a notamment ramené la cérémonie du temascal mexicain. C'est un peu comme un sauna, la spiritualité en plus, puisqu'il symbolise l'utérus maternel. On y entre, y meurre et on renaît en sortant... Le sien est en terre, et on a fait une cérémonie pour la pleine lune (énergies plus fortes et c'est certainement aussi un peu lié à l'eau).
Pendant 2 heures, dans le noir (la porte est  scellée avec de la terre), le parfum de l'aguaribay et la sueur, on parle, chante et on a aussi demandé à la pluie de venir.

Et elle est venue... un déluge de 12 heures qui a remplit le lit de la rivière, à sec depuis longtemps. Paradoxalement, c'est un problème pour cette région aride, puisqu'en 2 jours toute cette eau s'écoulera sans bénéficier aux terres assoiffées.



Sur leur petit terrain, la grosse activité du moment c'est la construction d'une maison passive en terre (c'est à dire qu'elle n'utilisera pas d'autre chauffage que l'apport du soleil). Les murs font dans les 40 cm d'épaisseur (type pisé) en suivant un peu le concept d'earthship de Michael Reynolds, un étonnant architecte du Nouveau Mexique.
Il y a encore du travail, mais entre autre, leur mélange est intéressant, la terre fermente avec du caca de cheval, qui la rend plus plastique et apporte aussi des fibres en plus de la paille...



L'autre grosse motivation du groupe est le projet de Caravane. Ici ou ailleurs, diffuser leurs concepts sur le pic de pétrole, la permaculture, etc. avec des documentaires, par l'exemple (séchoir solaire, toilettes sèches, recyclages de bouteilles, etc.), et par la discussion (et avec leur enthousiasme, ils arrivent à vendre du "fromage" fait uniquement de blé fermenté! c'est étonnant, sain, mais pas vraiment du fromage...).


Ca a été aussi pour moi l'occasion de refaire un peu de charpente avec du bois rond : une structure pour les panneaux solaires, renforcer la tour de la réserve d'eau qui s'est effondrée, etc.


Comme il y a pas mal de demandes de volontariat, ils limitent la durée du séjour.

A peu près remis de ma chute en vélo (on revenait d'un cours de yoga avec Fédérico, certainement bien relaxant...). Je reprends la "liberté" et la route vers le nord.
Je choisis l'option la plus directe, 600km vers Tucuman où commence la partie jolie du voyage. En attendant il va falloir mettre le cerveau dans les bagages et pédaler...

Le début est quand même beau avec le parc d'Ongamira, mais 60km de piste en tôle ondulée c'est vraiment désagréable en plus d'être piégeux (changements de surfaces, de sol...).

Très bon accueil chez les pompiers, la DPV (entretien de la route) et chez Pacheko.
Mais c'est monotone, même la "grande saline" ne présente pas vraiment d'intérêt. Je m'épargne 200km de ligne droite en bus, mon épaule et genoux gauche réclament un peu de repos...



Là, je suis dans la vallée de Calchaquies, á Amaicha del Valle, une zone rendue aux indiens natifs.
La route c'est d'abord une montée de près de 70km pour passer l'infernillo à 3042m. Dans un étonnant décor de "mur végétal", et puis des paturages un peu comme dans les Alpes.
Aprés cet effort, la descente est décevante, avec un revêtement vraiment mauvais qui gache le plaisir de ce beau paysage peuplé de cactus géants.


Cette petite ville a un bon esprit "boheme", apparement un microclimat excellent, mais aussi pas mal de maisons en adobe (briques de terre crue) et de bons petits plats á base de maïs...




Al norte de Cordoba, la zona de Capilla del Monte ès conocida por ter fenomenos como los "ovni", energias fuertes en las piedras, y muchas praticas esotericas...
En la comunidad "El jardin de los presentes", se pratica y experimente la permacultura urbana y el arte : construciones de baro, reciclage, baño seco, huerta y secador solar, etc...
Tanbien hicieran un temascal (es parecido con la sauna, con cantos, instrumentos y en oscuridade), para ceremonias colectivas y introspectivas. Otros proyetos muy interessantes de "caravana", documentarios, y a la noche le gusta bailar y beber un vaso de vino...
Un lugar de buena onda que merece propagarse. Vuelvo en la ruta, para el norte, passando por el hermoso parque de Ongamira, y la monotona ruta 60... Afortunademente, recibo la hospitalidade en los bomberos de Quilino, la casa de Pacheko, los servicios de las vias...

lundi 2 janvier 2012

Energies de Capilla

Bonne année ! paix et joies avec et en chacun ...
Pardon à la famille pour ce deuxième Noel loin des yeux, mais, comme pour les amis, je pense à vous souvent ...


Pour finir l'année, je retrouve Rosine une amie d'Ardèche, pour quelques semaines de wwoof.
Pas très original, mais ils sont tous originaux. On est vers Cordoba, à Capilla del Monte.


Caillou des Terrones


Le coin est réputé pour ses pratiques alternatives, ses ovnis et ses puissantes énergies : des pierres de l'Uritorco, à celles de la Kundalini, en passant par le Feng shui et ce soleil qui chauffe parfois à plus de 40 degrés avec 12% d'humidité !). Elles sont partout.





On travaille dans une ferme-école, avec camping et piscine. Il y a pas mal d'animaux : pour les "poils" (lamas, lapins angoras, moutons, vers à soie...), pour les "oeufs" (poules, faisans, paons... tous très bons), pour ... "les enfants" : tortues, ñandous (genres d'autruches préhistoriques), oies, chèvres, chiens, chats, etc, etc...



Et il y a le potager, qui sert surtout à éveiller les gamins et nourrir les wwoofeurs. La "ferme" s'appelle "maison blanche", mais on pourrait l'appeler "jardin bleu". En période plus sèche, la piscine, qui génère avec le camping les revenus de la famille, sert aussi à arroser les légumes avec son eau chlorée et le compost est curieusement pigmenté de particules de peinture à l'époxy bleue...

Bon, ils sont quand même biens attentionés et ouverts aux remarques.

Caillou de Mogotes



Avec nous il y a aussi Fédérico, un jeune d'Allemagne, qui est toujours motivé pour aller marcher, cuisiner ou grimper...

Parce qu'il y a un bon club ici et du coup on a pu faire du pan et quelques voies de beau granit.
Le problème avec les énergies c'est qu'elles peuvent être positives ou négatives. Je ne sais pas vraiment leur influence mais du coup je mets sur leur dos tous les plans foireux qu'on a eu, les brouilles inconscientes ou franches entre ardéchois et puis ce matin je me suis esquinté le coté gauche en vélo... ça doit bien venir de toutes ces forces tellurico-cosmiques...!?


Caillou de Paredones



vendredi 2 décembre 2011

vers Cordoba ... à vélo

Ambiance andine

Meme si Santiago ne m'a pas vraiment emballé, je quitte le Chili avec plus de modération sur leur politique et l'envie de connaître un peu plus ce long pays...


L'arrêt à Mendoza est surtout "technique", avant de prendre la route à vélo. Et c'est plutot décevant pour la qualité du matériel, le protectionisme sur les importations limite pas mal le choix. Je demande du coup à une artisanne de me faire des saccoches, en cuir s'il vous plait, on est en Argentine... Un peu laborieux, la conception n'est pas parfaite non plus. Après 4 jours, c'est prêt, je peux enfin les installer et décoller... avec pas mal de stress pour la suite, la quantité de bagages et la fiabilité des saccoches.


Ça commence par un petit clin d'oeil au dernier voyage avec les oliviers de la région, spécialité du coin, avec le vin (qui n'est pas "sacralisé" comme en France puisqu'il est couramment mélangé avec du soda, du jus de fruit ou en glace, comme l'excellente glace syrah-coco que je vous recommande). Aprés 70km, petite déception sur l'hospitalité au voyageur, ça sera dans la tente.
Le lendemain commence la pampa redoutée, et elle est redoutable... interminable route monotone, soleil de plomb et la broussaille d'épineux n'offre aucune ombre. mais en plus, la petite pluie de la veille a revigoré les moustiques au point que le moindre arrêt est un déchainement de piqures... Quand on a les fesses en feu, pas encore habituées à la selle, ça frole le masochisme!
Sur ma carte, la première ville est à 100km, à la limite avec la province de S. Luis. Au contrôle de police je demande : "c'est encore loin Encon?", "C'est tout ça...", quelques maisons et une station service... Bon, d'aprés la carte il y en a une autre à 60km, je me dis : demain je me ferai de vrais courses pour les 200km de pampa à venir.
De nouveau chaleur, moustiques, fesses en feu, et enfin le panneau "La Tranca", et puis rien à part quelques maisons abandonnées! minablement je récupère 2 litres d'eau douteuse, un pain et une boîte de paté chez Orlando, seul habitant avec ses parents. Ça va être dur pour les 2 jours... aprés une centaine de bornes, la monotonie est à peine perturbée par un panneau "ici l'Etat va construire un pénitencier", ça calme. Plus loin, le coin semble correct, avec de l'ombre, mais toujours des moustiques, je repars avec une crevaison. Aprés la réparation, je vois un chantier de forage pour l'eau de la prison... c'est un peu épargné par les moustiques, et il y a 2 employés, mes sauveurs : je peux prendre une douche, manger, dormir dans un lit, et surtout un d'eux doit aller en ville le lendemain avec son pick-up... il m'épargne les 80 km de cette pampa si hostile!
4è j. donc, la suite est toujours monotone, mais avec les arbres et les fleurs sur le coté ça change tout... 90 km pour Villa Dolorès, la double glace de triple boules est nécessaire. Le soir, en allant me baigner à la rivière, un rasta tient à me présenter tous ses amis en disant que j'ai fait le tour du monde en vélo. C'est gentil, mais un peu saoulant, je préfère dormir près de la rivière...
Parce que la suite c'est la sierra Cordoba, avec un passage à 2300m. Le rythme est encore plus lent, l'effort est plus soutenu, mais il me va bien et surtout c'est beau, magnifique même le couché de soleil à 1600m pour le bivouac.
Sierra Cordobese
Encore quelques dizaines de kilomètres à monter, et la descente, toujours en douceur.
J'avais décidé de ne pas passer par Cordoba tout de suite, pour déposer le vélo à Capilla Del Monte (un peu plus loin, pour un autre wwoof) et faire un peu le touriste...

Mais Carlos Paz est trop bourgeoise, semble inintéressante, j'arrive à la nuit vers le lac, après 115km... 550km de vélo depuis 6 jours, pour un "rodage", ça fait (pas) mal...

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Despues de la viaje a Chile, me quedo algunos dias en Mendoza para equipar la bici para la ruta. No fue muy facil, y la oportunidad de pedir a una artisana de hacerme las alforca en cuero...
Mi camino empeza con la pampa, una experiencia dificil porque no estava acostumbrado con la silla, y el calor, los moscitos, la distancia entre pueblos hace muchas cosas al mismo tiempo...
En este espacio, tuve suerte en encontrar personas que me ayudaran. y despues la montaña de Cordoba parece muy agradable y hermosa.
Sigo hasta Capilla del Monte para un trabajo de voluntario. En esta primera semana hice casi 600km de bici...

samedi 19 novembre 2011

El pueblo unido...

A l'entrée de la ville il y a un panneau qui nous prévient : "El Bolson est magique et naturel".
Meme si on est pas toujours dans un conte (a refaire des clotures, préparer les composts ou arroser le jardin,...), par contre la personnalité, la passion et la connaissance de Blanca sont deja passionants. Ce qui gravite autours aussi.

Tantot une conférence de Jorge Belanko qui te montre comment construire naturel, vite et pas cher (1 semaine a 10 personnes pour faire une maison personnalisée en bois, terre et paille pour 3000 euros!). Tantot une rando dans un bois habité d'étranges créatures quasi vivantes...


Le w.e. suivant on est allé aider une communauté Mapuche qui essais de préserver des terres et la culture de ces peuples natifs. Au XXI e siecle, ils sont encore trop souvent considérés comme des etres inférieurs!


Et puis Arturo, formé a l'ingénieurie nucléaire en Suisse nous fait un atelier de géométrie sacrée... du coup en jonglant entre le scientifique, l'ésotérique et le ludique. Pas forcément toujours convainquant mais le coté "mystique" fait partie du jeu...

On a conclu avec la grande méditation du 11. "On", c'est avec Odette, la petite soeur qui est venue pour 2 semaines, et le "11", c'est bien sur le rendez-vous planétaire du 11.11.11 ! Tous connectés sur la meme fréquence pour honorer Gaia, la Terre-mere, et entrer dans une nouvelle ere de consciences unifiées... tres symbolique, beaucoup de ferveur et d'esthétique : méditations, om et mantras, avec les sons cosmiques de bols tibétains, didgeridoos, gongs, etc, etc.
On a meme eu droit a un salut du soleil qui s'est cerclé d'une auréole arc-en-ciel pendant la journée !


Un peu a contre coeur, pour nous la "grande porte" a surtout été celle du car qui nous a emmené vers Valparaiso.
Au dela du nom, la transition a quand meme été douce. Meme si cette ville s'étale a perte de vue sur des coteaux multicolores autour de la baie, elle vibre a une échelle humaine. Pas seulement pour les secousses sismiques qui agitent les nuits. Il y a une "tradition" de tolérance et une créativité qui fait que ses murs sont superbement graffés et les maisons colorées de tole ondulée, un peu comme a La Boca, mais a une autre échelle...



La réalité du Chili c'est aussi un gouvernement qui fait exception en Amérique Latine. Dans la continuité de la dictature Pinochet et avec le choix du néo-libéralisme. La jeunesse et ses professeurs en ont marre de le subir, et ca fait des mois, voire des années qu'ils le crient. Avec une grande greve générale en aout, le mouvement ne se relache pas. On a quand meme une impression de routine avec ces rassemblements joyeux qui se terminent dans les vapeurs de lacrymogene et les provocations entre des robocops kakis et des jeunes qui cassent leurs aménagements urbains pour faire des projectiles inutiles.



Le Chili, pour moi, ca sera juste ces 2 petits passages, a Valparaiso et Santiago, je vais bientot retourner vers Mendoza et si tout va bien, la prochaine fois j'aurais commencé a pédaler...

mercredi 26 octobre 2011

Terminus : Patagonie

(désolé pour les photos, c'est déjà très frustrant pour moi de n'avoir qu'un gadget en dépannage, et la qualité s'est encore empirée)

Le séjour chez Sergio c'est un peu comme pour le verre, si on le voit :
- à moitié plein : on s'activait à faire l'extension du restaurant (structure en bois, remplissage prévu en paille et terre), le w.e. je bossais au restaurant (se remplir le ventre en étant payé 2€ de l'heure, ça fait toujours plaisir) et pour la garde des moutons, je me suis retrouvé à partager le travail avec 5 wwoofeuses trés sympthatiques...
- à moitié vide : il a un peu tendance à confondre écologie et économies : j'ai surtout passé du temps à enduire une structure, qu'il avait commencée, avec de l'huile de vidange. Pour la fameuse viande argentine, il me disait qu'ici les producteurs peuvent "gonfler" leurs bêtes aux hormones de croissance (ça permet de cultiver du soja sur les terres et de les élever en cage), et puis il n'y a pas de traçabilité même pour le restaurateur, puisque, pour compléter la liste du médisant, toute la nourriture était achetée au supermarché. Pour moi l'intérêt de ce travail est aussi d'aider un agriculteur en compensant le surcoût du bio!
Et enfin le coin (toujours dans la province de Buenos Aires) présente vraiment peu d'intérêt.


Donc je retourne à la capitale pour m'organiser un peu et faire quelques achats : tente, réchaud, tapis de sol et un vélo! Un peu cher (à peu près 550 euros dont 350 pour l'engin). Un peu encombrant, mais au moins c'est fait et ça limitera les galères pour la suite.



La suite immédiate c'est d'ailleurs El Boson, en Patagonie, pour un nouveau wwoof chez Blanca.

1800km, la plupart au milieu de la pampa, cette monotonie est un peu angoissante quand on a l'intention de remonter tout ça à vélo (?).


Pour le moment je me pose donc chez Blanca, une passionnée de permaculture, si vous venez la voir, pensez à prendre quelques graines chez kokopélli, son jardin sert surtout à reproduire des semences. (pour la récolte de patates par exemple, après avoir retourné 30cm de terre, je ramène misérablement dans les 2 kilos. En fait c'était une bonne récolte, puisqu'elle me dit aprés qu'elle avait juste planté 3 pommes de terre de variétés différentes!)
Elle est aussi impliquée, entre autre, pour l'écologie à la municipalité. J'en profite pour évoquer les élections. Ceux qui suivent un peu l'actualité ont entendu parler du vote qui a prolongé le mandat de Kirchner. Je conseillerais juste l'excellente lecture du Monde diplomatique qui résume très bien la situation du pays (et ils parlent aussi du Chili, qui se porte beaucoup moins bien, politiquement). Ici, on est pour Cristina, même s'il y a encore du boulot pour être un modèle d'écologie... Et El Bolson c'est un peu une concentration d'alternatifs, quelques photos (entre autres) d'une communauté de jeunes bien sympathiques sur http://www.cidep.org/




Pour le vélo, c'est aussi une bonne entrée en matière. Le paysage est beau, mais les chemins et routes de caillasse et poussière, c'est une vraie torture pour l'homme et la machine!

Voilà, je n'irai pas plus au sud, il faut faire des choix. Mais il y a encore beaucoup a découvrir ici...