dimanche 3 juin 2012

Le(s) sud du Pérou



Pour rejoindre la famille de Romélio, où je vais me poser, je passe par les salines de Maras. La photo "vue du ciel" est fascinante, les parcourir à pied l'est tout autant.

J'arrive enfin vers d'Ollantaytambo, dans la vallée sacrée du Machu Picchu. Il y a d'ailleurs quelques communauté descendants des incas un peu plus haut dans la montagne, on les voit surtout quand ils viennent vendre leurs excellentes pommes de terre en ville.

En ce moment c'est justement la période des récoltes, patates, fèves, lupins, quinoa, etc. et surtout le maïs... on le mange en moté (frais, cuit à l'eau) à chaque repas et je ne m'en lasse pas.
On a fait aussi un peu de menuiserie, pour poser dans les 40m2 de vitrage, sur du bois bien tordu...

Sur le terrain de Romélio, il y a aussi l'association kokopelli qui s'est installée, pour préparer un festival au mois d'aout. Ils attendent plus de 400 personnes dont une centaine de français et quelques unes que j'ai rencontrées pendant ce voyage. Et Dominique ne se soucie pas que des semences, à voir quelques articles sur son site, au nom évocateur : http://www.liberterre.fr/

Aprés une semaine, changement d'ambiance. Odette, la petite soeur (re)vient me voir pour une douzaine de jours. C'est l'occasion de faire un tour plus touristique dans le sud.


On commence par Arequipa, grosse ville tranquille, avec de beaux batiments en pierre de lave blanche et le Misti, un beau volcan à coté.

Un peu plus loin, on va aussi aux gorges de La Colca (que certains présentent comme le plus grand canyon du monde, c'est un peu ridicule). Il y a quand même de belles terrasses (millénaires apparement). Et tous les matins, des condors viennent faire le spectacle, et ça, c'est impressionant. Depuis une loi récente ils se permettent quand même de rackéter les touristes de 20 euros! (censés aider les populations locale...).


Aprés, montée au lac Titicaca, surtout pour voir les Uros, îles flottantes faites de la totora (qui sert aussi pour les toits, la nourriture, etc). Le touriste permet d'entretenir un mode de vie traditionnel mais ces gens ne vivent que par et pour le tourisme... Par contre l'île de Taquilé, un peu plus loin, arrive à le canaliser, en gardant une vie communautaire bien loin de nos problèmes de gens civilisés!

Un petit tour à la frontière pour prendre le visa XL de 6 mois, on ne sait jamais...

Et direction Cusco, qui reste une ville agréable si on ne tombe pas dans des excès d'"incaïsme"

Le but est d'abord le Machu Picchu, on mets l'éthique antimercantile un peu de coté. A 40 euros l'entrée et au moins autant pour le trajet je ne pouvais de toute façon pas faire plus (et je ne parle pas du trajet en train, aux mains des chiliens ultralibéraux).


Passé ce pas honteux, il y a quand même quelque chose d'excepcionnel dans ce site. Et si les incas n'ont pas tout inventé, ils avaient quand même une bonne organisation, un très bon sens esthétique, et une force incroyable. Et je reste convaincu qu'ajuster des blocs de granit aussi gros avec une telle précision, ça n'est pas humain...!




Aprés ces émotions, retour en France pour Odette et chez Romélio pour moi...

jeudi 10 mai 2012

Humeurs, entre Apolo et Cusco


Après cette descente en forêt, je dois retourner à La Paz en espérant y trouver l'appareil photo (toujours le même que je dois recevoir depuis aout dernier!).

Le retour commence bien, par une étonnante synchronisation je retrouve Marius, de la maison des cyclistes, qui a renoncé à remonter la Bolivie par la forêt. Et un cyclo n'a pas vraiment de raison de passer par Apolo, qui débouche uniquement sur l'Amazonie...
Cette fois on rentre par la "bonne" piste, moins sauvage mais assez jolie. J'ai malheureusement une maudite théorie qui dit que quand quelque chose commence bien, elle se termine souvent mal... le lendemain j'ai donc mon "mardi noir". Pas de difficulté spéciale ce jour mais la terre embourbe pas mal les mécaniques, on doit pas mal pousser et nettoyer, mais surtout le soir je constate que les sacoches sont bien déchirées et mon sac contenant carnet de notes, contacts, de l'argent, et pas mal de choses utiles, a été éjecté! Ça fini de me sapper le moral et remonter les 20km de piste le lendemain en demandant à tout le monde n'y fera rien...
La suite se passe bien, heureusement. Allégé, un transporteur m'emenant un sac directement a La Paz...

A La Paz on se refait une santé (Marius enchaine, lui, vers le Perou). Il y a quelques bons films, dont l'étonnant "vivre de lumière", de Straubinger.

Je rencontre aussi Cyril, un plâtrier français, qui s'est installé ici pour sa fille. Le plâtre n'est pas un materiau dans les habitudes locales, mais les colonnes avec socle et chapiteau semblent plaire.. Quelques jours bien intéressants qui donneraient presque envie de s'installer ici, puisqu'il cherche un associé (le plâtre est un matériau assez correct écologiquement et avec des bonnes qualités "plastiques").



Mais voilà, une nouvelle fois mon visa arrive à expiration et toujours pas de nouvelles de l'ambassade, qui reçoit mon courrier.
Je cogite, mais il faut partir.


Le chemin le plus tranquille et direct passe par l'Est du lac, mais la frontiere nous est curieusement interdite (Marius est du coup au Perou clandestinement).
J'aurais fais à peu près 1400km (difficiles) en Bolivie, il y en a déjà 700 pour rejoindre Cusco...



L'entrée au Pérou se fait quand meme avec le magnifique Titicaca.

La saison froide commence, il fait nuit à 17h30, et il faut résister à la tentation du bus (4 euros pour les 350km de Juliaca à Cusco!). Heureusement le vent est un peu plus "équitable", il fait beau, les gens saluent, contrairement à la Bolivie, et l'altiplano est plutôt joli. Je reprends plaisir au voyage a vélo.

Trop rapidement je fais connaissance de la communaute de Raqchi, tres acceuillante et unie. Le village est connu pour ses ruines, mais surtout, ils pratiquent toujours les cultures en terrasses avec le systeme d'irrigation des anciens.

En fait je me mets la pression pour rejoindre "le" Cusco, 140km en une étape, toujours autours de 3900m d'altitude. Et apres un passage a plus 4300m, ca descend lentement vers le nombril (traduction du nom de Cusco).

site archéologique de piquilakti
  
Je viens enfin d'arriver, mais le but est un peu plus loin, j'espere retrouver une famille dont m'avait parlé Blanca, de la Patagonie...

lundi 16 avril 2012

Retour dans la forêt

A la maison des cyclistes il y avait quelques phénomènes, un gars qui veut remonter la Bolivie par des routes qui ne sont sur aucune carte, un autre qui, après 3 ans de vélo et 50 ou 60000 km m'explique comment prolonger illégalement sont visa ...
Ca m'encourage a rejoindre le parc de Madidi, au nord du lac Titicaca, en vélo. Environ 350km dont 200 de pistes mais aucune carte ne décrit le même chemin...

Je quitte donc La Paz, cette fois avec le vélo et la pluie, pour retrouver Sorata (il me faudra revenir pour, enfin (?), récupérer l'appareil photo).
Aprés 4 crevaisons dans la descente et toutes les personnes qui me dissuadent de prendre ce chemin, je dois monopoliser toutes mes hormones mâles pour me décider. Je change quand même le pneu et la chambre à air, pour 5 euros!

La descente vers les Yungas commence par au moins 25 km de montée toujours dans la brume et le froid (mon compteur n'y a pas survécu...). Au 3è jour, le soleil revient, pour découvrir une végétation tropicale. Le chemin suit une vallée mais il n'y a que montées de plus en plus exténuantes et descentes de plus en plus terrorisantes... (la chaîne, 2è victime saute et mes pignons de vitesses sont inadaptés). Sans les bagages, se sont juste des bonnes pentes techniques.


Cette ambiance "sauvage", sa forêt, ses cascades et bananiers me plaisent quand même, malgré la chaleur moite et les petites bêtes qui veulent manger les grosses...
 
C'est aussi une région trés minière, les orpailleurs sont ici légaux, travaillent en coopératives, mais il y a quand même un (ou des) patron(s) qui récupèrent les pépites et paient correctement ses salariés (j'y serais bien allé quelques jours si ca n'était le problème éthique).

Très fatigué par ces efforts, en retard sur mes prévisions, c'est en fait mes freins usés jusqu'au métal (3è victime...) qui m'empèchent de finir à vélo. Aprés 6 jours de piste, je dois rejoindre Apolo en transport 4x4 (à environ 70km, mais ici ca fais au moins 8h de 4x4). Je ne m'imagine même pas dans ces pentes de terre et de boue à pousser le vélo...!



J'arrive enfin à Sachawasi. Bruno, le belge, s'est installé dans un petit village à l'entrée du parc et, avec ses bénévoles et sa longue expérience, pratique une permaculture sylvestre et militante. Il y a aussi une pratique spirituelle, et à l'occasion de la pleine lune on y fait un rituel avec le huachuma (le cactus San Pedro).
pressage de la canne et "temascal"
Dans une "hutte" inspirée du temascal, il nous purifie d'abord au tabac, autre plante sacrée, puis on boit la préparation. La substance active est surtout la mescaline, qui affine les sens, rapproche de la nature et donne les hallucinations. Moi, je me suis senti plus proche du psychédélisme hendrixien que de la Pachamama, c'était très intense et long. Mais je n'ai pas fait de "voyage" comme certains, au contraire, la descente a été très désagréable. Dans le froid, le noir et ne pouvant plus bouger le corps. Toujours avec l'effet du cactus, je me croyait dans un univers post apocalyptique... Lentement les effets se sont atténués, toujours un peu terrorisé, le cerveau est revenu à un rythme normal et j'étais bien heureux de retrouver la vie réelle!

Aprés ces 2 semaines dans la forêt, je rentre de nouveau à La Paz. La pluie est au rendez-vous, pour transformer la piste en boue...

vendredi 23 mars 2012

La paix et le soleil



Même si La Paz grouille de monde, comme toute grande ville, on se retrouve facilement dans des coins tranquilles, des marchés pleins de couleurs et il y a aussi une petite vie culturelle intéressante (ciné alternatif, radio et café féministes, etc....)



Pour moi, la qualité d'un lieu est aussi trés liée à l'"hébergement", et à la maison des cyclistes on est presque chez soi... Tant mieux, puisque mon temps à La Paz dépend aussi celui que mettrons mes courriers à arriver...


C'est l'occasion de sortir un peu, en charmante compagnie, vers Sorata d'abord, une petite ville tranquille dans un décor superbe...

Et puis aussi vers le mythique lac Titicaca et son île du soleil, où serait née la civilisation Inca. Il en reste bien quelques ruines, des "terrasses" pour les cultures, mais surtout, l'atmosphère et les paysages portent quelque chose de très émotionnants.



Juste un petit retour à La Paz, où il y a toujours des manifestations dans les rues, des médecins aux cultivateurs de canne à sucre, des anciens militaires aux marches d'indiens qui viennent de tout le pays... les rues sont toujours remplies.
L'état est dit "plurinacional", en général Evo Moralès n'est pas vraiment critiqué, mais ça n'est pas évident de satisfaire tout le monde...


Bref, je repars, cette fois avec Inti Illimani. Cette association, qui existe aussi dans d'autres pays d'amérique latine, est encore dépendante financièrement de la maison mère en France, mais pour le reste est bien organisée et travaille dans un bon esprit.
Inti, c'est le soleil, et l' Illimani, la montagne qui domine la ville.
Ils  font des cuisines solaires et, comme souvent pour les idées simples, ça me paraît une évidence, surtout ici.

La fabrication des éléments est quand même rigoureuse, le montage d'autant plus simple...
mais surtout on y fait une cuisine excellente et diététique! entre cuisson à la vapeur et au four... Cette "boîte" sert aussi à garder les plats au chaud ou finir la cuisson en douceur puisqu'elle est isolée avec de la laine de mouton (brute). Très enthousiasmant donc, et tout le monde y gagne, les populations, qui économisent le gaz et le bois, la planête, et par exemple une association de grands brûlés d'Oruro était très intéressée puisque le kérosène fait des ravages avec la cuisine au bois.

De nouveau à La Paz, j'espère reprendre vite la route, quitter un temps l'altiplano pour travailler avec une autre association qui protège la forêt entre autres...

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Creo que lo que guardaré de La Paz son los movimientos sociales cotidianos pero tambien sus calles llenas de mercados coloridos.
Cerca de La Paz hay muchos lugares hermosos. Fumos, con una amiga, en Sorata, un pueblo muy tranquilo y con lindas paisajens. Y despues para la Isla del Sel en el lago Titicaca, un passeo inolvidable con el ambiente de los primeros Incas. 
En la ciudade, tambien hay una asociacion muy interessante "Inti Illimani" que hace cocinas solares. Fui con ellos 4 dias para un pueblo. La montagem del horno es interessante y se hace una comida muy rica. Con la economia de leña y de gaz y el aspecto ecologico, estuve encantado con este sistema!

mercredi 7 mars 2012

Le "lac" d'Uyuni

  
Mon w.e. de plus à Potosi est l'occasion de voir, dans un stade rempli, les milka, pardon les Real de Potosi jouer contre les strongest de La Paz. Le club de Potosi est le meilleur du pays, ils ont d'ailleurs gagné 2 à 1, bonne ambiance.
L'autre événement du jour c'était la clôture du Carnaval. Une foule sur 3 ou 4km, des petites "cantines" improvisées, un peu de défilés quand même et des mètres cubes d'eau balancés, c'est la tradition... dans la ville, des camions plateaux et picks up transportent des jeunes toute la journée pour ce petit jeu et ce jour-là tout le monde le "prend" de bonne humeur, même les policiers sont fair play!

A la sortie de la ville, une dernière pensée pour les mines avec les usines qui trient les minerais et recrachent cyanure er autres cochonneries. Mais il y a sur la route vers Uyuni d'autres chercheurs armés de pioche et de burin qui espèrent trouver le l'argent (et aussi du monde pour les aider à piocher...).

De l'argent il y en aurait aussi à Pulacaya, dernier village avant Uyuni où d'anciennes mines, fermées depuis 1/2 siècle, ont été réouvertes mais avec des moyens matériels plus adaptés pour la santé. L'endroit garde quand même l'ambiance et beaucoup d'installations d'époque. Et puis on y arrive par une piste bien raide de terre rouge, la route vers le salar n'étant pas terminée. C'était pour moi la fin d'une bavante puisqu'on m'avait dit que j'aurais une ville à 90km, alors que j'ai dû en pédaler 125 pour y arriver! (l'eau en Bolivie étant soit polluée soit chère, j'avais prévu juste).

On monte encore un peu et, de là déjà un superbe panorama sur le salar, avec des reflets orangés.
La ville n'est pas extraordinaire (surtout connue pour son cimetière de trains), la véritable entrée pour le salar est à Colchani.
Les dizaines de 4x4 chargés de touristes sur la piste contrastent avec la pauvreté du village.

Je me lève aux aurores pour enfin découvrir ... un lac! Avec toute la pluie qui tombe en ce moment même les 4x4 ne peuvent y entrer. Petite déception, le paysage est tout de même magnifique. Et puis il y a d'autres choses intéressantes ici. Plusieurs maisons et 3 hôtels sont faits avec du sel. Le bilan écologique pour recevoir des touristes n'est pas forcément bon, mais pour l'intégration au site, les matériaux naturels et la qualité architecturale, c'est excellent! (d'autres architectes utilisent le sel, comme Luìs Torrico, pour faire des hôtels à 160$/m2...).


La remontée vers Oruro est en grande partie de la mauvaise piste. Mais, aprés 50km ce qui va me faire "péter les plombs" c'est le vent. Depuis l'entrée en Bolivie, il est invariablement du nord et de l'ouest, et moi je vais vers le nord et l'ouest!
Ce vent sape le moral et les jambes, à 2 on peut lutter, seul il n'y a qu'à baisser la tête et se résigner.
C'est donc assis sur 35 tonnes de sel que je continue. Par contre je n'échappe pas à la poussière rouge et la pluie qui se transforme en piscine saumâtre...
La femme du chauffeur me laissera tout de même sa place pour terminer, on est toujours sur l'altiplano, entre 3500 et 4000m et les nuits sont très fraîches.

Oruro n'étant pas très intéressante, je cherche un hébergement gratuit, notement des policiers me parlent d'un ordre d'hébergement dans n'importe quel hôtel (!). Je suis à la limite de l'outrage quand il me sort une ridicule "autorisation", payante, aprés des heures d'attente...
En repartant de la ville, il y a une petite "réplique" du fameux carnaval.
Et, dès la sortie, de nouveau le vent et la pluie, je suis limite deuxième "pétage de plombs" mais là c'est asphalté, je me calme et je repars.
Le soir il y a une  fête de village pour le retour d'un militaire. Ca boit beaucoup, par contre c'est étonnant comme les gens mangent peu et mettent des kilos de nourriture (et de boisson) dans des sacs plastiques, pour plus tard... (ça se fait aussi en ville, dans les marchés).


Le lendemain, après 80km de vent défavorable et une averse tout ce calme, j'en profite pour faire 55km de plus!

L'arrivée sur La Paz est impressionante, un beau point de vue à plus de 4000m pour descendre d'environ 800m...
et on m'indique une maison de cyclistes, je crois que cette ville va me plaire.

samedi 25 février 2012

Bolivie en fête





 Chez Robertito (avec son accent chantant il met cette terminaisons amicale partout) on devait monter des murs en adobe. Avec le mauvais temps, c'était plutôt pelle et pioche et un peu de menuiseries à retaper. Il aurait voulu que je reste quelques semaines et puis m'accompagner jusqu'à la Bolivie (Roberto adore le vélo), mais l'envie de passer cette frontière était trop forte...
Une rencontre bien agréable pour en finir avec l'Argentine, même s'il a fallu bien insister pour être payé (j'étais près à taguer "menteur voleur" sur la devanture de sa boutique...)


Pour passer en Bolivie, un pont, 3 drapeaux*, 2 tampons, et basta.
(*la Bolivie affiche officiellement le drapeau Wiphala des peuples natifs andins)

J'aurais fais à peu près à 1800 km en Argentine.
De l'autre côté, toujours du mauvais temps avec un vent surtout du nord, toujours des gens et des paysages sympathiques, ça monte et ça descend un peu plus mais toujours de la belle route! Et oui, ce tronçon, goudronné jusqu'à Potosi a été inauguré il y a peine 3 mois. Il reste bien quelques kilomètre sans asphalte, pour mieux apprécier la différence.

Pour l'hébergement, je prends un abonnement dans les paroisses, un pasteur évangéliste, un missionnaire équatorien, et même un padré homosexuel...

A Cotagaita, Silvio (l'équatorien) est très ouvert et disponible, en plus c'est une période de fêtes alors je me pose pour 4 jours.
Les fêtes, c'est notemment le jour des "comadres", pas vraiment les comères, plutôt les "marraines", et les enfants du kindergarten nous ont fait un petit défilé bien joli.

La grande fête c'est bien sur le Carnaval, celui d'Oruro est l'un des meilleurs du monde, et là, un costume coûte souvent 5 ou 6000 $ pour ne servir qu'une journée! Allez faire un tour sur you tube, même s'il n'y a pas de commentaires sur les différentes corporations, on est souvent loin des clichés boliviens!
Même s'ils sont pauvres et plutôt discrets, les boliviens peuvent dépenser un gros budget pour les costumes de fête.
Ici, même dans les petits villages, il y a toujours une grosse caisse et quelques joueurs d'anata, la flûte traditionnelle pour faire danser, même si ça ne sonne pas toujours bien mélodique.
En cette période, le religieux catholique se mêle à d'autres syncrétismes. Ici la divinité originelle c'est la Pachamama. C'est l'occasion de lui rendre hommage avec la ch'alla. On arrose d'alcool et décore ses biens avec des fleurs, cotillons, fruits, maïs, etc. Evo Moralès a "béni" son avion présidentiel, mais en géneral, on décore sa voiture et autres objet du monde moderne (!).


En remontant vers Potosi, la grosse pluie menaçant, je cherche à me mettre à l'abri à l'entrée d'un village et je me fais inviter pour une réunion d'"autorités" qui font la ch'alla. Un bol de chicha (boisson fermentée à base de maïs) dans un main avec un verre de cet alcool dit "potable", mais infame, à 96 degré dans l'autre. Et "il faut boire" pour faire tourner le bol, et on me ressert encore plus parce que j'en donne trop à la Pachamama... et puis les colorants des confettis se mélangent à la boisson. Ca dure des heures, je me sens coincé dans cette beuverie espérant juste que la pluie se calme et que les feuilles de cocas suffiront à me remplacer le déjeuné qui est passé depuis longtemps. Heureusement, on danse et je joue avec le seul gamin, aux dents défoncées et au rire douteux.
La fête se termine quand même, je décline la proposition d'hébergement (ils m'auront quand même demandé de les aider financièrement) et dans un état pitoyable j'espère encore m'avancer sur la route mais doit me réfugier dans une maison abandonnée qui a surtout dù loger des chèvres ces derniers temps.

La montée vers Potosi est glacée, toujours avec la pluie ou les nuages, et le ventre pas bien remis. L'arrivée, vers 4330 m d'altitude, est plutôt glauque avec les mines et les habitations de briques délabrées, bien loin de l'image prestigieuse de cette ville qui a enrichi de ses lingots d'argent les plus grandes villes du monde au XVIè siècle.
C'est impresssionant de trouver une si grosse population à cet endroit (plus de 160000 personnes), surtout que l'exploitation des mines n'est plus rentables. Elles appartiennent à l'Etat mais les mineurs se sont organisés en coopératives pour "s'auto exploiter", avec des conditions de travail inhumaines de chaleur, poussières toxiques et physiquement.  Le tout est entretenu par un réseau d'agences de tourismes qui te disent que visiter Potosi n'a pas de sens si on ne va pas voir les mines. Moi je me dis que perdre son temps à Potosi n'a pas de sens quand on visite Sucre, la capitale officielle (à 3h de bus vers l'est), bien plus belle, tranquille et culturelle, et ses villages indiens qui semblent bien intéressants.
Malheureusement mon trajet va vers l'ouest, j'ai laissé mes affaires dans une paroisse douteuse de Potosi (dortoirs pour 30, à 0,6 euros la nuit, et tout le monde dehors à 6h du matin!). Je "rentre" frustré.
Mais comme tout n'est jamais blanc ou noir, en partant ce matin un homme me dis qu'une auberge accueille gratuitement les cyclistes, je vais voir, c'est l'occasion de me réconcilier un peu avec Potosi...

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El tiempo sigue malo, pero fuy bueno estar unos dias con Roberto antes de salir de Argentina.
El paso de la frontera es muy sencillo y la ruta para Potosi esta casi toda con asfalto hace poco tiempo.
Para hospedarme, tuve suerte con las iglesias. En Cotagaita, el padre Silvio, fue muy agradable. Es un periodo de fiestas : los niños del kinder garten celebran las comadres, en todos los pueblos hay musicos para Carnaval, pero el mas importante esta en Oruro. Tambien se agradece la Pachamama (madre tierra) con alcohol, flores y otros objetos simbolicos. Tuve una experiencia un poco mala en un pueblo porque se oferece chicha y un alcohol muy fuerte a la tierra, ¡pero tambien se bebe mucho!
Sigo todavia el camino, para Potosi, mas de 4000m. La ciudade muy famosa no me encanta. Sucre, la capital, parece muy mas interessante, pero con tiempo y encontros siempre se aprecian mas los lugares.

jeudi 9 février 2012

Derniers jours en Argentine





 

En remontant la vallée, on passe a Cafayate, l'autre grande région viticole d'Argentine. Il paraît que ce sont les plus hauts crus du monde et les vendanges durent ici 3 mois...

En repartant le vélo ne roule plus bien droit mais c'est pour m'engager dans les méandres de la Conchas et ses magnifiques gorges.




(ce sont, je crois, les plus beaux paysages de rocher de ce voyage. Entre autres, quasi toutes les images ont  été "mangées" par les virus peuplant l'appareil photo. j'ai une haine infinie envers cet appareil, je crois qu'il finira bientôt broyé ou projeté contre un mur).



Là, on apprécie le vélo, pas seulement pour écouter le chant des oiseaux, les roches sont d'une richesse de couleurs et de formes hallucinantes (surtout l'anfiteatro, la garganta del diablo,...). Ce qui marque aussi c'est sa longueur, plus de 70 km de plaisir. Plaisir aussi de voir comme elles sont preservées. Là ou il faudrait des luttes, des lois et autres procédures en France, ici, le territoire a "simplement" été rendu aux indiens natifs. Pour eux la Pachamama (Terre-mère) est a respecter au même titre qu'un humain. Une centaine de familles y vit sereinement, avec son organisation (par exemple les décisions sont prises en conseils, y compris il y en a un des anciens, un des enfants...), et cotoyant sans l'envier le flot des touristes hypertechnicisés...

Sur la route chacun son rythme, j'ai croisé des cyclos tranquilles (http://www.mundoenbicicleta.com.ar) qui ont mis 2 ans 1/2 pour remonter depuis Ushuaï. Ou des étasuniens qui prennent à peine le temps de manger pour retrouver leur pays en 3 mois...

Avec Pablo, Oihan et Alex, on est presque en phase. Ces basques espagnoles devaient aller de Bangkok à Hanoï à vélo, mais ont du racheter un billet le jour du départ, à l'aéroport de Bilbao! Ils vont du coup de Buenos Aires à Lima en 3 mois (http://yanollegais.blogspot.com/).
Ils sont bien sympas, alors je m'adapte à leur progression "sportive", puisque c'est leur principale motivation.

Mais dans le difficile choix de l'itinéraire ils préfèrent aller chercher un meilleur climat (depuis 2 semaine la pluie et les orages sont quotidiens!) et surtout ils décident de shunter la Bolivie à cause de ses routes réputées désastreuses.
Pour rejoindre la côte pacifique ils viennent de passer 400km de salines et de cols jusqu'à 4800m d'altitude en 3 jours! respect.



Ils ont aussi raté la superbe quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine de l'Unesco.
Entre terrains fertiles et pampa, elle se termine honorablement à 3780m d'altitude.


Quand même, après ces 4 jours avec eux je me sens un peu seul, d'autant plus que je pensais recevoir un peu plus d'hospitalité chez les gens.

A Abra Pampa, 70km de la Bolivie, j'étais donc dans mes réflexions-bilan sur l'Argentine, quand Roberto m'invite avec enthousiasme à me reposer chez lui, plutôt chez eux puisqu'il y a là 3 générations, et l'arrière grand père de 93 ans se trouve toujours quelque chose à faire! Pour moi aussi il y a du boulot (et rémunéré, ça tombe bien, ma carte bancaire est périmée)
Alors je me pose une dernière fois avant la Bolivie.


Santiago del Estero parece poco interessante, fuy por la montaña y sus pueblos mas "humanos", como Amaicha del Valle, un teritorio indio y Cafayate, famoso por sus vinos muy ricos...
Desde alli, se sigue otro valle para Salta, una quebrada hermosa de colores minerales y formas esculpidas por el agua. Al norte, la quebrada de Humahuaca, que esta classificada en el Patrimonio del Unesco, tanbien hace la viaje de bici muy agradable.
Entre los 2 estuve 4 dias con 3 vascos muy simpaticos y buenos desportistas, ellos seguiran para Chile con un passo a 4800m y el desierto de Atacama!
Yo retomo mi ritmo mas tranquilo y me quedo algunos dias en la casa de Roberto, un amigo de los ciclistas, 70km antes de la frontera boliviana.