lundi 10 septembre 2012

Luttes

Je trouvais les péruviens peu intéressés par la politique, ou dévalorisant leur pays "en retard". De fait, je crois qu ils ont un mauvais président : aprés le scandale des professeurs, maintenant les hospitaux et mineurs sont en grêve (en ce moment il veut assécher un lac sacré et sa population pour exploiter un gisement d'uranium et d'or en dessous).

Heureusement il y a des gens comme la famille Sulca qui luttent.


Grégorio, le père dit "El Wari", est un artiste. Apprécié mondialement, mais pas au Pérou, oú, dit-il, les artisans sont reconnus mais pas les artistes. Son combat est la préservation de la culture pré-hispanique quechua (plus particulièrement la Huari dont il est issu) notemment par l'art : tissage, écrits, musique, etc.
Bien sûr, peu de moyens, c'est surtout par la télé et la radio locale qu'il communique (et quand j'y suis allé ils m'ont plutôt questionné sur l'éducation en France...).
(un peu plus de détails, en espagnol : http://todoayacucho.wordpress.com/2011/12/28/el-wari-gregorio-sulca-una-presentacion-audiovisual-y-otras-duras-palabras-y-confesiones/)


Sandra, sa fille chez qui je suis en ce moment, dénonce la morale et le rôle inquisitoire de l'Eglise, qui a beaucoup contribuer à tuer leur culture. Elle fustige aussi le complot politico-narcotico-religieux. C'est vrai que tous les établissement publics affichent la "bienveillance" de Dieu et elle ne manque pas d'exemples pour l'étayer. Sandra a d'ailleurs entamé des études de Droit pour "dénoncer Dieu" à la Cour Européenne ! (elle a une double nationalité). La France l'aurait médaillée en reconaissance de sa lutte.


Victoria, sa mère, est née dans la puna (la montagne au delà de 4000m) dans une famille paysanne dont le père ètait un astrologue qui interprétait aussi bien les mouvements des astres que des fourmis pour l'agriculture. Il a été tué, comme beaucoup d'anciens, par le sentier Lumineux.
Ces fermes isolées, d'adobe, sans électricité, chauffage ni aucun superflu m'intriguent toujours. Après 2 semaines passées avec elle, je n'ai que plus d'admiration. A près de 60 ans, elle gère, des fois seule, 80 moutons, 33 vaches, cochons, chevaux, etc. dans ce milieu hostile. 170 ha, sans cloture, juste de l'herbe grillée par le soleil d'altitude et le vent froid, et pour nous patates à l'eau et soupe d'orge matin, midi et soir (cuits à la bouse de vache séchée). J'arrivais à peine à suivre le rythme, me contentant de 10 ou 11h par jour, soit au moins 20km de marche.


Ma lutte était au début de ne pas devenir fou à mener des vaches dont le cerveau doit être plus petit que celui des moutons et l'instint de se séparer face à l'"agresseur"... Et puis aussi, avec les animaux et le manque d'hygiène, contre une invasion d'amibes dans l'estomac, soignée en buvant mon urine, son "unique médecine".

Elle aussi a beaucoup de douleurs, mais avec les animaux, ce n'est qu'un détail, comme le jour de la semaine.


Et puisqu'on voyage aussi par ses lectures, la mienne m'emmène chez la "grande soeur" himalayenne, au Tibet, où les chinois poursuivent leur génocide. Espéront que par leur lutte non violente, ils gardent vivante leur traditions, pour ne pas répéter l'histoire Huari...

jeudi 23 août 2012

penser global, bouger local


Le festival kokopelli-pachamama célèbre les 20 ans de l’asso. Il y a un but éducatif et aussi d’aider à organiser le réseau latino-américain de “gardiens de semences traditionnelles” et lutter contre la privatisation du vivant par certaines multinationales. C’est par une cérémonie d’ayahuasca qu’il commence. Signe du travail collectif à faire ou mauvaises dispositions individuelles? Ça ne s’est pas bien passé pour beaucoup. J’interprète ce cauchemard comme un rappel au respect de la nature surtout quand elle nous offre sa médicine.


LA richesse de cette semaine est difficile à résumer, je ne citerai que certaines personalités qui m’ont marquées. A commencer par Vandana Shiva, qui, partant de son vécu en Inde, démontre l’évidence de ce travail de préservation. Blanche, l’avocate de l’asso fait pour ça un excellent travail aussi, heureusement soutenue par une conscience populaire qui grandie avec la menace… (lire les textes de Dominique sur son blog : http://www.liberterre.fr).
Venant d’Inde aussi, Bernard Delercq, avec ses photos de terra preta est bien convainquant. Eric Petiot a une approche passionante du vivant, entre science et spiritualité. Maurice Chaudière, apiculteur, sculteur, philosophe, paysan, guérisseur, un boulot très cohérent…
Aussi de bonnes vidéos, comme celle de Christian Velot, à voir sur Youtube.






Bien sûr, pleins de rencontres sympathiques, d’espoirs et de bonnes volontés. Un beau festival où il manquait juste quelques personalités ou communautés plus locales pour répandre cette bonne parole.

 
Aprés le démontage et les salutations, encore un grand merci a Romelio, qui voulait encore m'offrir des terres pour m'installer... 


Mais je reprends la route en prenant l’option montagneuse.
Je craignais le froid de l’altiplano, en fait c’est une suite de montées et descentes impresionantes, en général d’une cinquantaine de km continus, qui font passer plusieurs fois de plus de 4000m à moins de 2000m d’altitude. On évite du coup les nuits glaciales.
Pleins de villages accueillants, j’ai donné à l’occasion un cours de français à des élèves (à noter que le gouvernement laissait trainer une grêve des professeurs depuis plus de 2 mois, lésant forcément les plus pauvres, ils n'ont recu que des menaces...). Et, contrairement au dernier voyage (en pays arabes), je ne suis pas cantonné au monde masculin. 

Beaucoup de cyclistes croisés, en particulier Damien et Thomas, que j’avais connus au festival, 2 très bons esprits avec leur vélo couchés (www.bandavelo.org).


La route vers Ayacucho est en travaux sur des dizaines de km, ça fait encore des centaines de gens (quasi tous des locaux) qui me saluaient et m’ont vraiment bien reçus dans leur campement.


Une reprise d’environ 500km, assez physique, mais je suis arrivé à Ayacucho et vais surement y rester un moment…

mardi 31 juillet 2012

arac et arata

Ne me décidant pas à partir, je suis resté. Et même si les journées ne sont pas très passionantes, le temps passe vite et je n'envie pas les touristes qui passent par là, encore plus vite... Alors je positivise le travail, bénévolle, que j'aurais refusé en France, même payé. Aprés tout, je préfère faire de la démolition "écolo" que de la construction "crado" : d'une petite maison en adobe, pierres, bois et tuiles, il ne reste que quelques poignées de clous, le reste retourne à la Pachamama...
 
Ce mois de juillet c'est aussi le moment de semer les pommes de terre. La région est réputée pour le maïs, mais avec ses centaines de variétés, la patate est l'aliment du Pérou! et ici on en mange vraiment à chaque repas.
 
Il y a d'ailleurs une danse pour l'honorer qu'ils font à cette occasion. Mais surtout le travail ne peut commencer sans un petit cérémoniel à la Pachamama où on lui offre notemment de l'alcool.
 
Héritage inca (?), ce sont des travaux collectivement et avec des taureaux impressionants pour ouvrir et refermer les sillons. La déception c'est que, à part en montagne, toute la vallée est passée aux semences hybrides avec des engrais chimiques en plus de celui des animaux (le compost de cuy souvent, c'est petit mais ça chie beaucoup ces bêtes). Le boulot se fait au rythme tranquille des taureaux, toujours bien arrosé, hydromiel maison ce jour là et beaucoup de chicha...
 
 
On ne le voit pas en simple visiteur, mais la chicha est un autre "aliment" très important ici. C'est un genre de bière de maïs traditionellement, plus ou moins fort, qui se fait dans les maisons. Quand il y en a, la chicheria est repérée par une grande perche avec un du plastique rouge en boule au bout.
Le maïs est germé, broyé, cuit dans une grande marmite en terre. Certains y mettent du houblon ou encore de l'alcool, chez Romélio on y rajoute souvent du miel, c'est encore meilleur.
 
J'aime bien aller la chercher, pour l'ambiance de la maison sombre et enfumée, mais la mamita donne toujours un verre "pour donner des forces" (le verre vaut 1,5soles, il fait déjà 1/2L, et les 4 sont à 2soles...).
 
 
Comme on est dans la cuisine, je fini avec une petite sauce pour accompagner, la sauce ocopa : du poivron jaune, des cacahuètes, un peu de fromage, des biscuits apéritifs, feuilles de huacatay, oignon, ail, huile et sel. On mixe tout ça et c'est prêt.
 
 
 

dimanche 1 juillet 2012

solstice à cusco


Plus que le sentier lumineux, ce que je voulais éviter au Pérou, c'est la traversée des Andes en hiver.
Pour rejoindre Lima il me faudra les traverser (environ 1400km et 11000 à 15000m de dénivelé positif !), mais surtout les montagnes blanchies des alentours me rappellent que le mois de juin c'est bien l'hiver ici...
Du coup je prends le temps d'apprécier l'hospitalité de la famille de Romélio, même s'ils parlent souvent en quechua. J'espérais aussi participer à l'organisation du festival de kokopelli, mais ils préfèrent apparement rester "en clan".
Et cette période du solstice, c'était quand même la plus grande fête pour les Incas avec l'Inti Raimi, qui regroupait les plus importants personnages des 4 suyos (régions) de l'empire pour honorer le soleil.

Je commence le mois par le pélerinage de Qoylloriti, une montée au glacier Ausangate (vers 4800m mais il est aujourd'hui un peu plus haut) pour honorer les Apus, esprits de la montagne.

Il y a un grand syncrétisme avec le catholicisme et aussi une récupération mercantile, on peut y acheter des dollars pour "acheter" sa maison, un faux notaire fait même des actes de propriété, il y des faux diplomes, des voitures minitures et autres "chinoiseries" en tout genre...
Ça reste quand même impressionant, tout ces danseurs, et par le nombre de pélerins, je suis monté à 3h du matin et c'était déjà une caravane inintérompue jusqu'en haut!


Pour le solstice du 21 je n'ai pas pu assister aux cérémonies plus traditionnelles (il y a d'ailleurs tout un rituel avant, avec jeûne, aucun feux, etc. que je n'ai pas fais) et me suis "contenté" de l'Inti Raymi grand public à Cusco. Très grande participation, en danseurs et public. On ne comprend pas vraiment puisque c'est en quechua, avec beaucoup de symboliques mais ça reste un bien beau spectacle dans le cadre impressionant des ruines de Sacsayhuaman.


On a aussi eu la version locale dans les ruines d'Ollantay, surtout sympathique pour être la sortie familiale du mois.


Dernière petite fête, avec l'anniversaire de Romélio. Cuy au menu (du cochon d'inde), grande beuverie et musique jusqu'à tard...



On travaille quand même un peu, toujours un peu de menuiseries, des manutentions et autres travail de la ferme.






Je ne pense quand même pas y rester jusqu'à l'été, derrière les Andes, il y a le Pacifique, qui me tente aussi.

dimanche 3 juin 2012

Le(s) sud du Pérou



Pour rejoindre la famille de Romélio, où je vais me poser, je passe par les salines de Maras. La photo "vue du ciel" est fascinante, les parcourir à pied l'est tout autant.

J'arrive enfin vers d'Ollantaytambo, dans la vallée sacrée du Machu Picchu. Il y a d'ailleurs quelques communauté descendants des incas un peu plus haut dans la montagne, on les voit surtout quand ils viennent vendre leurs excellentes pommes de terre en ville.

En ce moment c'est justement la période des récoltes, patates, fèves, lupins, quinoa, etc. et surtout le maïs... on le mange en moté (frais, cuit à l'eau) à chaque repas et je ne m'en lasse pas.
On a fait aussi un peu de menuiserie, pour poser dans les 40m2 de vitrage, sur du bois bien tordu...

Sur le terrain de Romélio, il y a aussi l'association kokopelli qui s'est installée, pour préparer un festival au mois d'aout. Ils attendent plus de 400 personnes dont une centaine de français et quelques unes que j'ai rencontrées pendant ce voyage. Et Dominique ne se soucie pas que des semences, à voir quelques articles sur son site, au nom évocateur : http://www.liberterre.fr/

Aprés une semaine, changement d'ambiance. Odette, la petite soeur (re)vient me voir pour une douzaine de jours. C'est l'occasion de faire un tour plus touristique dans le sud.


On commence par Arequipa, grosse ville tranquille, avec de beaux batiments en pierre de lave blanche et le Misti, un beau volcan à coté.

Un peu plus loin, on va aussi aux gorges de La Colca (que certains présentent comme le plus grand canyon du monde, c'est un peu ridicule). Il y a quand même de belles terrasses (millénaires apparement). Et tous les matins, des condors viennent faire le spectacle, et ça, c'est impressionant. Depuis une loi récente ils se permettent quand même de rackéter les touristes de 20 euros! (censés aider les populations locale...).


Aprés, montée au lac Titicaca, surtout pour voir les Uros, îles flottantes faites de la totora (qui sert aussi pour les toits, la nourriture, etc). Le touriste permet d'entretenir un mode de vie traditionnel mais ces gens ne vivent que par et pour le tourisme... Par contre l'île de Taquilé, un peu plus loin, arrive à le canaliser, en gardant une vie communautaire bien loin de nos problèmes de gens civilisés!

Un petit tour à la frontière pour prendre le visa XL de 6 mois, on ne sait jamais...

Et direction Cusco, qui reste une ville agréable si on ne tombe pas dans des excès d'"incaïsme"

Le but est d'abord le Machu Picchu, on mets l'éthique antimercantile un peu de coté. A 40 euros l'entrée et au moins autant pour le trajet je ne pouvais de toute façon pas faire plus (et je ne parle pas du trajet en train, aux mains des chiliens ultralibéraux).


Passé ce pas honteux, il y a quand même quelque chose d'excepcionnel dans ce site. Et si les incas n'ont pas tout inventé, ils avaient quand même une bonne organisation, un très bon sens esthétique, et une force incroyable. Et je reste convaincu qu'ajuster des blocs de granit aussi gros avec une telle précision, ça n'est pas humain...!




Aprés ces émotions, retour en France pour Odette et chez Romélio pour moi...

jeudi 10 mai 2012

Humeurs, entre Apolo et Cusco


Après cette descente en forêt, je dois retourner à La Paz en espérant y trouver l'appareil photo (toujours le même que je dois recevoir depuis aout dernier!).

Le retour commence bien, par une étonnante synchronisation je retrouve Marius, de la maison des cyclistes, qui a renoncé à remonter la Bolivie par la forêt. Et un cyclo n'a pas vraiment de raison de passer par Apolo, qui débouche uniquement sur l'Amazonie...
Cette fois on rentre par la "bonne" piste, moins sauvage mais assez jolie. J'ai malheureusement une maudite théorie qui dit que quand quelque chose commence bien, elle se termine souvent mal... le lendemain j'ai donc mon "mardi noir". Pas de difficulté spéciale ce jour mais la terre embourbe pas mal les mécaniques, on doit pas mal pousser et nettoyer, mais surtout le soir je constate que les sacoches sont bien déchirées et mon sac contenant carnet de notes, contacts, de l'argent, et pas mal de choses utiles, a été éjecté! Ça fini de me sapper le moral et remonter les 20km de piste le lendemain en demandant à tout le monde n'y fera rien...
La suite se passe bien, heureusement. Allégé, un transporteur m'emenant un sac directement a La Paz...

A La Paz on se refait une santé (Marius enchaine, lui, vers le Perou). Il y a quelques bons films, dont l'étonnant "vivre de lumière", de Straubinger.

Je rencontre aussi Cyril, un plâtrier français, qui s'est installé ici pour sa fille. Le plâtre n'est pas un materiau dans les habitudes locales, mais les colonnes avec socle et chapiteau semblent plaire.. Quelques jours bien intéressants qui donneraient presque envie de s'installer ici, puisqu'il cherche un associé (le plâtre est un matériau assez correct écologiquement et avec des bonnes qualités "plastiques").



Mais voilà, une nouvelle fois mon visa arrive à expiration et toujours pas de nouvelles de l'ambassade, qui reçoit mon courrier.
Je cogite, mais il faut partir.


Le chemin le plus tranquille et direct passe par l'Est du lac, mais la frontiere nous est curieusement interdite (Marius est du coup au Perou clandestinement).
J'aurais fais à peu près 1400km (difficiles) en Bolivie, il y en a déjà 700 pour rejoindre Cusco...



L'entrée au Pérou se fait quand meme avec le magnifique Titicaca.

La saison froide commence, il fait nuit à 17h30, et il faut résister à la tentation du bus (4 euros pour les 350km de Juliaca à Cusco!). Heureusement le vent est un peu plus "équitable", il fait beau, les gens saluent, contrairement à la Bolivie, et l'altiplano est plutôt joli. Je reprends plaisir au voyage a vélo.

Trop rapidement je fais connaissance de la communaute de Raqchi, tres acceuillante et unie. Le village est connu pour ses ruines, mais surtout, ils pratiquent toujours les cultures en terrasses avec le systeme d'irrigation des anciens.

En fait je me mets la pression pour rejoindre "le" Cusco, 140km en une étape, toujours autours de 3900m d'altitude. Et apres un passage a plus 4300m, ca descend lentement vers le nombril (traduction du nom de Cusco).

site archéologique de piquilakti
  
Je viens enfin d'arriver, mais le but est un peu plus loin, j'espere retrouver une famille dont m'avait parlé Blanca, de la Patagonie...

lundi 16 avril 2012

Retour dans la forêt

A la maison des cyclistes il y avait quelques phénomènes, un gars qui veut remonter la Bolivie par des routes qui ne sont sur aucune carte, un autre qui, après 3 ans de vélo et 50 ou 60000 km m'explique comment prolonger illégalement sont visa ...
Ca m'encourage a rejoindre le parc de Madidi, au nord du lac Titicaca, en vélo. Environ 350km dont 200 de pistes mais aucune carte ne décrit le même chemin...

Je quitte donc La Paz, cette fois avec le vélo et la pluie, pour retrouver Sorata (il me faudra revenir pour, enfin (?), récupérer l'appareil photo).
Aprés 4 crevaisons dans la descente et toutes les personnes qui me dissuadent de prendre ce chemin, je dois monopoliser toutes mes hormones mâles pour me décider. Je change quand même le pneu et la chambre à air, pour 5 euros!

La descente vers les Yungas commence par au moins 25 km de montée toujours dans la brume et le froid (mon compteur n'y a pas survécu...). Au 3è jour, le soleil revient, pour découvrir une végétation tropicale. Le chemin suit une vallée mais il n'y a que montées de plus en plus exténuantes et descentes de plus en plus terrorisantes... (la chaîne, 2è victime saute et mes pignons de vitesses sont inadaptés). Sans les bagages, se sont juste des bonnes pentes techniques.


Cette ambiance "sauvage", sa forêt, ses cascades et bananiers me plaisent quand même, malgré la chaleur moite et les petites bêtes qui veulent manger les grosses...
 
C'est aussi une région trés minière, les orpailleurs sont ici légaux, travaillent en coopératives, mais il y a quand même un (ou des) patron(s) qui récupèrent les pépites et paient correctement ses salariés (j'y serais bien allé quelques jours si ca n'était le problème éthique).

Très fatigué par ces efforts, en retard sur mes prévisions, c'est en fait mes freins usés jusqu'au métal (3è victime...) qui m'empèchent de finir à vélo. Aprés 6 jours de piste, je dois rejoindre Apolo en transport 4x4 (à environ 70km, mais ici ca fais au moins 8h de 4x4). Je ne m'imagine même pas dans ces pentes de terre et de boue à pousser le vélo...!



J'arrive enfin à Sachawasi. Bruno, le belge, s'est installé dans un petit village à l'entrée du parc et, avec ses bénévoles et sa longue expérience, pratique une permaculture sylvestre et militante. Il y a aussi une pratique spirituelle, et à l'occasion de la pleine lune on y fait un rituel avec le huachuma (le cactus San Pedro).
pressage de la canne et "temascal"
Dans une "hutte" inspirée du temascal, il nous purifie d'abord au tabac, autre plante sacrée, puis on boit la préparation. La substance active est surtout la mescaline, qui affine les sens, rapproche de la nature et donne les hallucinations. Moi, je me suis senti plus proche du psychédélisme hendrixien que de la Pachamama, c'était très intense et long. Mais je n'ai pas fait de "voyage" comme certains, au contraire, la descente a été très désagréable. Dans le froid, le noir et ne pouvant plus bouger le corps. Toujours avec l'effet du cactus, je me croyait dans un univers post apocalyptique... Lentement les effets se sont atténués, toujours un peu terrorisé, le cerveau est revenu à un rythme normal et j'étais bien heureux de retrouver la vie réelle!

Aprés ces 2 semaines dans la forêt, je rentre de nouveau à La Paz. La pluie est au rendez-vous, pour transformer la piste en boue...